Texte rédigé pour le jeu de février 2013 de l'Ecritoire, à partir d'un tableau de Charles Sheeler représentant les Blue Ridge Mountains

Et voilà, le prof de géographie s’est lancé dans ses explications…. Elévations, mouvements des plaques, niveau de la mer, façon dont coulent les rivières et forme de leurs lits, érosion, géologie des sols… Puis, il accumule les sommets de plus en plus hauts, finit par arriver à l’Himalaya et son Everest.

Mais il passe à côté de l’essentiel. Il oublie la poésie ! Les noms ne sont pas le fruit du hasard… Le Mont Blanc peut sembler basique mais le Mont Rose déjà livre des secrets de lumière.

 A n’en pas douter, ce sont la poésie et l’imagination qui ont nommé les lieux, pas les considérations techniques dont nous abreuve le prof de géo.

 L’esprit vagabonde et répond à l’invitation au voyage des toponymes… Il survole les Alpes, vallées de la Tarentaise et de la Maurienne. Il parcours le Vercors, passe par Chaud Clapier, prend son temps sur le plateau de Lente, redescend par Combe Laval… Déjà le Mézenc s’offre à son regard, la Loire trouve sa source au Gerbier de Jonc, mais les Pyrénées approchent, Néouvielle se profile… C’est alors la descente vers l’Océan et l’impression que déjà il aperçoit les pics enneigés des Rocheuses, outre-Atlantique…

 "Marie, vous êtes avec nous ou vous dormez ?"

 Le retour à la réalité est brutal ! Il faut se remettre à l’étude des reliefs, comprendre ces notions formelles… et se dire que le voyage reprendra bientôt…

27 février 2013