Cette chapelle du XIIe siècle est en réalité le choeur de l'église d'un ancien prieuré bénédictin. Elle se trouve dans l'enceinte du cimetière d'Upie. 

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Chapelle Saint Baudille - Upie - septembre 2013

Edit du 1er octobre 2013 : le texte rédigé pour l'Ecritoire à partir de cette photo :

Je suis la chapelle Saint Baudile. Vous qui me voyez maintenant me trouvez sans doute bien modeste au bout de ce petit cimetière de campagne. Oh, je vois bien que je vous intéresse, que vous vous demandez depuis quand je suis là à veiller et pourquoi donc je suis si petite. Alors laissez-moi vous donner quelques éléments de mon histoire.

J’ai été construite au XIIe siècle, au pied du mont Miéry. En ce temps-là, je n’étais pas une modeste chapelle, j’étais une église entière. J’étais l’église d’un grand prieuré qui dépendait de l’abbaye d’Aurillac. Vous savez, cette abbaye dont l’abbé ne rendait allégeance qu’au Pape et qui était autorisé à porter crosse et mitre à l’instar d’un évêque.  L’abbaye Saint Géraud était fort riche et pourvue en terres. Elle a essaimé des prieurés dans une bonne partie du Sud de la France. Et c’est ainsi que j’ai été construite aux confins du fleuve Rhône et de la rivière Drôme.

Mes murs ont longtemps résonné des chants et des prières des frères bénédictins. Les temps étaient rudes, les hivers rigoureux et les étés chauds mais la vie des frères suivait la règle et s’écoulait entre labeur et prières, paisiblement rythmée par le son de mes cloches.

Mais les temps se sont troublés. De nouvelles idées ont émergé. Il a été question de réforme, de schisme. Les hommes se sont enflammés, ils ont pris les armes contre leurs frères.  Le XVIe siècle était déjà bien avancé. L’abbaye d’Aurillac a été pillée par les calvinistes, les précieux manuscrits détruits, les biens vendus. Mon sort a suivi celui de ma maison mère. Mes pierres ont été démontées. Je ne suis pas bien sûre des années qui ont suivi. Mise à mal, j’ai bien cru disparaître complètement. Seul mon chœur est resté debout. Le trou béant qui l’ouvrait sur l’extérieur a été muré. D’église, je suis devenue chapelle.

Les morts ont trouvé leur dernière demeure à l’ombre de mes flancs. Je suis la chapelle du cimetière.

Au début du XXe siècle, la protection du patrimoine historique est devenue un sujet d’intérêt. J’ai fait partie des premières vagues de monuments protégés.

Aujourd’hui, je me dresse toujours dans le fond du cimetière. Un cyprès me tient compagnie pour continuer à regarder le temps des hommes qui s’écoule lentement aux confins du fleuve Rhône et de la rivière Drôme.