Préambule : Je lis beaucoup...  par vagues, mais beaucoup.. Et cela fait un moment que je réfléchis à la façon de vous parler de mes lectures. Techniquement, le coin lecture existe déjà un peu sur le blog. Alors, je vais simplement (essayer de) le développer un peu. Il y a aura donc normalement à l'avenir un billet Lectures de temps à autre par ici, sans promesse d'exhaustivité sur mes lectures, sans promesse de régularité...

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Chanson douce de Leïla SLIMANI :

Prix Goncourt 2016, Grand Prix des Lectrices Elle 2017... Ce roman a eu du succès, c'est indéniable. Il est intéressant de voir que la présentation faite par l'éditeur parle d'un suspense envoûtant alors que le dénouement est connu dès l'incipit ! Le roman sera donc le récit de ce qui a précédé la scène d'ouverture.

Après ma lecture, j'ai un avis très mitigé...
J'ai trouvé que si l'écriture est précise, en revanche la narration est brouillonne. Il y a trop de thèmes sociétaux sous-jacents, comme si l'auteur ne parvenait pas à choisir entre l'épanouissement parental, le travail des femmes, l'égalité homme/femme, le travail au noir, l'immigration, la lutte des classes... Tout cela se mélange en une espèce de marasme qui dédouane les comportements de chacun.
Je crois que j'ai été déçue car je m'attendais à mieux après tout ce que j'en avais lu. Ni la (dé)construction psychologique de la nounou, ni celle de la mère ne sont vraiment montrées. (sans doute en raison de la chronologie aléatoire, des flash-backs qui n'en sont pas, des aller/retour passé/"présent" mal maîtrisés)
Le père est réduit à un second rôle horripilant, menant sa vie de son côté et ne s'intéressant qu'aux aspects matériels de la relation avec la nounou, et alors qu'on aurait pu avoir là un personnage intéressant dans une relation tripartite, on se retrouve dans le schéma classique/éculé/(bientôt) dépassé du "les enfants, c'est une histoire de femmes"...

 

Ma part de gaulois de Magyd CHERFI :

Magyd Cherfi est le chanteur/parolier du groupe ZEBDA. Dans ce récit, il revient sur son parcours scolaire et la cité qui l'a vu grandir, dans les quartiers Nord de Toulouse. Emigré de 2e génération, avec une mère Kabyle qui ne parle pas français (le père est un peu le grand absent de ce tableau, réduit à son labeur), mais qui le pousse à la réussite scolaire : il aura le bac !
C'est la fin des années 70/le début des années 80, cette période où la gauche accède au pouvoir et Mitterand à la présidence de la République. C'est les difficultés de la cité et le racisme du quotidien, avant que SOS Racisme ne commence à le dénoncer. C'est surtout un gamin écartelé entre ses racines arabes et son présent en France, un gamin à la recherche de sa part de gaulois..
Le récit est brut, sans fioritures. Magyd Cherfi y décrit ses rêves de gosses et ceux de ses potes, ses envies de liberté et le carcan de la cité... C'est parfois décousu, comme des souvenirs qui reviennent affleurer à la surface de la mémoire. C'est le récit d'une construction. Un récit intéressant d'un point de vue historique et sociologique, mais pas non plus un récit bouleversant.