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Etienne Noël, vers un art total, était l'exposition d'ouverture du nouveau Centre d'Art de Crest qui a ouvert au début de l'été. Prévue jusqu'à fin août, l'exposition a bénéficié d'une prolongation jusqu'à mi-septembre... Heureusement pour moi car je suis allée la voir dans les derniers jours de la prolongation !

Difficile de classer Etienne Noël, artiste protéiforme qui s'exprimera entre autres dans l'aquarelle, la peinture à l'huile, la poterie, la verrerie... Difficile également de ranger son style pictural dans une case. Ainsi, il n'est ni vraiment fauve, ni vraiment cubiste à une époque où ce sont les courants prédominants et où il en fréquente les cercles. Il se distingue par sa singularité : Etienne Noël est Etienne Noël !

Lorsque la 1ère guerre mondiale éclate, il part sur le front où il se retrouve avec le peintre breton Mathurin Méheut. Il retranscrit les scènes de la guerre dans des aquarelles et ses impressions dans des poèmes. Lorsque sa tranchée est touchée par un obus, il est grièvement blessé et commence une vie d'hôpital en hôpital avant de faire une formation de céramiste, pour se reconvertir.

Ayant quelque connaissance à Dieulefit, il apprend la mise en vente d'une poterie qu'il rachète. Il se lance alors dans la création de céramique utilitaire dans l'esprit Art Déco. Il dessine les pièces qui sont façonnées par des ouvriers qualifiés. Il n'hésite pas à sortir de la tradition locale en créant des émaux aux couleurs et aux textures différentes. Il édite un catalogue et ses pièces terminent sur les tables de la Duchesse de Windsor ou de Sacha Guitry. Il est également régulièrement exposé à Lyon en même temps qu'Anne Dangar ou Albert Gleizes.

Il se diversifie avec une production de verrerie, née d'une rencontre qui lui fait comprendre le besoin de rénovation des vitraux des églises et cathédrales soufflés par la guerre. Il déposera même quelques brevets pour de la verrerie culinaire. Mais sa plus grande réalisation sera les carreaux de verre des portes du pavillon français de l'exposition universelle de Paris en 1937, portes qui seront ensuite ré-utilisées par le palais de Chaillot et le palais de Tokyo.

Tout cela nécessite des investissements qui fragilisent les finances de la poterie. Devenue Société Etienne Noël, elle sera bientôt en faillite. Les moules en particulier seront vendus à d'autres artisans potiers du secteur.

Réfugié auprès de Nice, Etienne Noël conseillera plusieurs verriers de Biot avant de revenir à Dieulefit dans la poterie de son gendre et d'y travaille à un émail craquelé avec George Jouve.

L'exposition présentait l'ensemble des facettes de l'artiste, ainsi que quelques pièces de Jouve ou de Zadounaisky avec qui il collabora. Cet éventail complet et proposé par ordre chronologique permettait d'appréhender l'évolution de l'artiste et de ses sources d'inspirations, qu'elles soient spontanées ou de commande.

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Exposition "Etienne Noël, vers un art total" - centre d'art de Crest - Drôme - été 2018